Comment utiliser les analyses boursières

Publié le 30 juin 2012 par Philippe Rancourt
Catégories: Recettes, Scepticisme

Bien que souvent décrié, le travail des analystes des firmes de courtage peut être très utile. Voici quelques idées personnelles sur la façon dont un investisseur doit utiliser leurs analyses et les précautions qu’il doit prendre.

1. Les prix cibles sont là pour la forme

Entendons-nous bien, personne n’est capable de prédire le prix qu’aura une action dans douze mois. Même si un analyste comprend très bien une société et peut prédire ses profits à la cenne près, il lui est impossible de prédire le multiple que le marché accordera à ces profits dans douze mois. Ce multiple sera élevé si le marché est euphorique ou bas si le marché est déprimé. Prédire l’humeur du marché pour la semaine prochaine est difficile, imaginez dans un an… S’il n’en tenait qu’à eux, les analystes ne donneraient pas de prix cibles. S’ils le font, c’est parce que les clients des firmes de courtage en demandent.

2. Suivre son analyste comme ont suit un titre

Comme dans tout métier, la profession d’analyste boursier comprend des gens très compétents, des travailleurs honnêtes qui font leur gros possible et des individus totalement incompétents. Il faut donc absolument éviter d’acheter un titre sur la base d’une recommandation d’un analyste dont on ne connait ni d’Ève, ni d’Adam. La meilleure chose à faire est d’observer les recommandations d’un analyste pendant quelques trimestres. On peut ainsi vérifier si ses opinions/prédictions sont relativement justes ou complètement erronées. Si sa “moyenne au bâton” est bonne, on peut ensuite accorder du poids à ses opinions. Il faut bien sûr être conscient que personne n’est parfait et que le meilleur des analystes peut aussi se tromper.

3. Privilégier l’esprit critique

Avant de lire une analyse sur une société, l’investisseur doit être familier avec le “discours de sa direction”. Il peut ainsi déterminer si l’analyste ne fait que répéter les propos de la direction (ça arrive souvent) ou s’il prend ses distances vis-à-vis ce discours. Selon moi, il est évident qu’il faut accorder plus de poids à un analyste qui fait preuve d’esprit critique et avoir une grande méfiance envers ceux qui ne font que relayer les propos optimistes de la direction.

4. Se méfier des conflits d’intérêts potentiels

Les firmes de courtage font une large part de leur profit en aidant les sociétés à faire des appels publics à l’épargne. Le département de recherche d’une firme de courtage peut donc subir des pressions pour “être gentil” avec les sociétés qui ont recours aux marchés pour se financer. Il y a peu à craindre de ce côté si le titre qui vous intéresse n’a pas fait d’appel public à l’épargne depuis des lunes (par exemple: Home Capital Group). Il faut par contre être très prudent avec les titres qui ont recours régulièrement aux marchés pour se capitaliser (par exemple: Fortress Paper). Ce type de titres sont de très bons clients des firmes de courtage et cette situation pourrait leur valoir des opinions plus positives qu’ils ne le méritent de la part de ces firmes.

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