D’une crise à l’autre

Publié le 30 mai 2012 par Philippe Rancourt
Catégories: Aucun lien avec la Bourse

Mars 2006, le Québec est secoué par la crise des accommodements raisonnables. Il faudra attendre la fin de 2007 pour que la crise s’estompe. Automne 2009, la psychose du H1N1 fait trembler les habitants de la belle province. Printemps 2012, la hausse des frais de scolarités donne lieu à des manifestations et des concerts de casseroles sans précédent.

Trois crises en six ans. Une moyenne d’une crise aux deux ans, voilà le Québec dans lequel nous vivons. Ce constat soulève certaines questions. Notre société était-elle vraiment menacée par les revendications réelles ou fictives de certaines communautés religieuses ? Combien de Québécois, au juste, sont décédés après avoir contracté le H1N1 ?  Dans le même ordre d’idée, est-ce que le modèle social québécois est vraiment en péril à cause d’une hausse des frais de scolarité de 1778$ par année, étalée sur sept ans et accompagnée d’une bonification du programme de prêts et bourses ?

Il y a des similarités frappantes dans la façon dont la société québécoise a réagi à chacune de ces crises. On y remarque que l’émotivité et l’exagération sont reines. Difficile d’avoir une discussion rationnelle avec un concitoyen convaincu que la charia va remplacer notre code civil ou qu’une facture de 254$ par année menace le futur d’une génération. Le gouvernement est aussi la cible de toutes les critiques. On vilipende allègrement nos dirigeants pour leur incapacité à nous protéger des étrangers, d’une grosse grippe ou de frais de scolarités plus salés…

La crise des accommodements raisonnables touchait directement à notre insécurité identitaire. Le H1N1 exploitait nos peurs les plus profondes reliées à notre santé et à celle de nos proches. La crise des frais de scolarités, c’est notre frustration envers un coût de la vie toujours plus élevé en face d’un avenir économique incertain.

Au moment où j’écris ces lignes, le bruit des casseroles résonne. Je ne peux m’empêcher de penser que ces différentes crises en disent plus long sur les peurs qui habitent mes compatriotes que sur les dangers réels qui les menacent.

Articles sur le même sujet:

  1. Bonne croissance pour Buffalo Wild Wings
  2. Le monde merveilleux des petites capitalisations…
  3. La mécanique d’une crise

2 commentaires sur “D’une crise à l’autre”

  1. Pierre-Olivier Langevin a dit...

    La lutte étudiante dont du fais référence dépasse largement le cadre de l’augmentation des frais de scolarité. Personnellement, je n’étais allé à aucune manifestation jusqu’à l’annonce de la loi 78 qui brime la liberté d’association et mettrait fin au droit de manifester si les policiers appliquait la loi à proprement dit… On peut être d’accord ou non avec les revendications mais je pense qu’il n’y a aucune comparaison possible avec la H1N1.

  2. Philippe Rancourt a dit...

    Je suis peut-être rendu cynique mais j’ai l’impression que si le gouvernement annulait la hausse des frais demain matin, toutes les manifestations s’arrêteraient sur le champ…

    En fait, mon but était surtout de comparer la façon dont la société québécoise réagit à chacune de ces crises. Je suis d’accord avec toi que la loi 78 est stupide. Pour moi, c’est un produit dérivé de l’irrationalité ambiante.

Commentaire: