Trois scénarios pour Research In Motion

Publié le 17 avril 2011 par Philippe Rancourt
Catégories: Analyse d'un titre, À contre-courant

L’action de Research In Motion (RIM) est malmenée depuis la sortie de ses résultats financiers le 24 mars dernier. À 51$, le titre se transige actuellement à 8 fois les profits de la dernière année (6,34$). Encore une fois, ce sont les mêmes vieilles craintes face au futur de la compagnie qui reviennent angoisser les marchés. Il peut être difficile d’y voir clair devant le déluge d’opinion contradictoire sur la société. Je pourrais moi aussi y aller de mes spéculations personnelles sur les mérites du PlayBook ou de la prochaine génération de BlackBerry… mais je préfère vous présenter trois scénarios financiers potentiels pour RIM en 2011.

Scénario 1 : RIM rate complètement son objectif

Les profits sont en déclin et RIM ne fait que 6$ par action en 2011. C’est moins qu’en 2010 et bien loin de son objectif de 7,50$. Les craintes du marché sont confirmées et le ratio c/b demeure à 8. Le prix de l’action est de 48$ (8 x 6). Résultat :  une perte de 6%.

Scénario 2 : RIM atteint le consensus des analystes

RIM atteint la cible de profits des analystes de 6,80$. Le marché n’est toujours pas très enthousiaste, mais le ratio c/b grimpe à 10. L’action vaut 68$ (10 x 6,80). Résultat : un gain de 33%.

Scénario 3 : RIM atteint son objectif

Jim Balsillie rit dans sa barbe, car sa société vient de réaliser 7,50$ de profits par action en 2011. Malgré cela, le marché a toujours certains doutes, mais accepte néanmoins de pousser le ratio c/b à 12. Le titre vaut 90$ (12 x 7,50). Résultat : un gain de 75%.

Ce qui ressort de ces différents scénarios, c’est que l’équation risque/rendement (combien je peux perdre versus combien je peux gagner) semble être très favorable à un investissement dans RIM. Seul un déclin rapide et massif des profits (bien pire que le scénario 1) pourrait causer des pertes substantielles. Je crois peu à un tel scénario.

Le marché des téléphones intelligents et des tablettes va connaître une très forte croissance dans les prochaines années. Sans être aussi sexy qu’Apple, RIM demeure l’une des trois ou quatre compagnies les mieux positionnées pour en tirer profit. Au prix actuel, une croissance décente de 15% par année est largement suffisante pour enrichir les actionnaires.

À mon avis, prévoir un déclin massif des bénéfices de RIM est beaucoup plus audacieux que de l’acheter à 8 fois les profits. L’avenir nous dira si j’ai raison…

Ajout 30 avril: Si on considère l’avertissement sur les profits émit jeudi passé par RIM, le scénario 1 semble maintenant être le plus probable. Comme n’importe quelle compagnie techno, l’avenir de RIM est lié au succès de sa prochaine génération de produits…

Articles sur le même sujet:

  1. Starbucks, une aubaine ?
  2. Problèmes et opportunités
  3. Aéroplan en eaux troubles

6 commentaires sur “Trois scénarios pour Research In Motion”

  1. Sam a dit...

    Bien d’accord avec toi, je pense sensiblement la même affaire dans ma tête mais en moins concret. Merci de mettre des mots sur ma pensée.

  2. Jacques Rancourt a dit...

    Très belle analyse…

  3. martin a dit...

    Bonjour Philippe,

    d’accord avec ton analyse du risque-rendement de RIM. Par contre, j’ai décidé de miser sur le joueur dominant en AAPL : avec un estimé de profits 2011 autour de 23$ par action, on a un p/e de 14…mais avec 27$ de cash et 33$ en placements, on arrive plutôt à un p/e de 12…pour une gamme de produits très en demande et une croissance des profits plus prévisible.

  4. Philippe Rancourt a dit...

    Salut Martin,

    Apple est aussi un investissement très intéressant. Leur croissance est vraiment fantastique. Et honnêtement,rien ne nous oblige à choisir entre RIM et Apple, on peut très bien investir dans les deux titres. Perso, j’ai quelques dollars dans RIM et j’évalue la possibilité dans mettre quelques un dans Apple.

  5. Yannick Létourneau a dit...

    Je suis d’accord avec toi quand tu parles de plancher pour RIM, je pense qu’un ratio P/E de 8 incorpore pas mal d’incertitudes concernant la croissance future. Là ou je suis moins convaincu c’est comment extrapoler le ratio actuel P/E à 12 en 2011. Même si RIM bat les prévisions des analystes, le marché pourrait exiger davantage de preuves que la croissance et les parts de marché sont bel et bien de retour, et donc je crains que tant que la compagnie n’aura pas retrouvé son aura d’antan, elle pourrait bien mériter un ratio P/E relativement bas sur une assez longue période. Il n’y a qu’à regarder le titre de Microsoft qui stagne à un ratio P/E de 10 malgré des profits qui croissent à rythme soutenu, une position dominante dans son créneau et des rachats d’action importants. Les mal-aimés de la bourse ont tendance à le rester plusieurs années…

  6. Philippe Rancourt a dit...

    Salut Yannick,

    Ce n’est qu’un scénario possible… Un pe de 12, c’est ce que le marché accorde actuellement à Nokia, une société qui a pourtant eue sa part de problèmes elle aussi dans les dernières années…

    On peut très bien prendre un pe de 10 et des profits de 7,50 : on obtient un titre à 75$ et un rendement de 50%. Le but de mon blogue, c’est de mettre en lumière le fait que ça ne prend pas de gros exploits de la part de RIM pour enrichir ses actionnaires au niveau actuel.

    La comparaison avec Microsoft peut sembler séduisante à première vue mais il faut faire attention… Microsoft, c’est 215 milliards de capitalisation boursière et et 67 milliards de revenus. RIM, c’est 28 milliards de capitalisation boursière et 20 milliards de revenus. RIM est beaucoup plus petite et pas mal moins rattrapée par la loi des grands nombres que Microsoft. En fait, MSFT pourrait l’acheter avec ses 40 milliards d’encaisse mais c’est un autre sujet…

Commentaire: