Aéroplan, indicateur économique ?

Publié le 15 août 2010 par Philippe Rancourt
Catégories: Aéroplan

Le groupe Aéroplan a publié la semaine passée des résultats supérieurs aux attentes. Le bénéfice d’opération (BAIIA ajusté) est en progression de 10% et toutes les divisions de l’entreprise ont contribué à cette croissance. Ces bons résultats tranchent avec le discours actuel des médias financiers qui semblent terrorisés par la “reprise sans création d’emplois” et le retour de la récession.

Aéroplan est un gestionnaire de programmes de fidélités ayant une solide diversification géographique (Canada, Royaume-Uni, États-Unis, Italie et Moyen-Orient). La société possède de nombreux partenaires très sensibles à l’état de l’économie telle que la Banque CIBC et American Express au Canada ou la chaine de magasins HomeSense en Angleterre. Les voyageurs d’affaires sont aussi des utilisateurs importants du programme au Canada. Selon moi, le groupe Aéroplan peut donc être vu comme un indicateur intéressant de l’état d’esprit des consommateurs et des entreprises. La croissance des profits du dernier trimestre et l’optimisme de la direction contredisent la théorie d’une rechute de l’économie.

À mon avis, Aéroplan est l’un des titres les plus sous-estimés parmi les moyennes capitalisations canadiennes. La société génère des free cash flows importants et son modèle d’affaires nécessite peu de dépense en capital. Elle est en train de s’établir comme le numéro un mondial des programmes de fidélités. De plus, la société verse un dividende solide de près de 5% et rachète massivement ses actions.

L’incompréhension de son modèle d’affaires et les craintes relatives à sa dépendance envers Air Canada sont probablement les deux raisons expliquant le scepticisme envers Aéroplan.

Côté modèle d’affaires, Aéroplan vend des points à ses différents partenaires. Ceux-ci les redistribuent ensuite à leur clientèle. Éventuellement, ces clients exigeront une prime (billet d’avion, iPod, etc.) de la part d’Aéroplan en échange de leurs points. Aéroplan reçoit donc des revenus bien avant d’avoir à fournir un produit réel. C’est un modèle similaire aux sociétés d’assurance qui perçoivent d’abord les primes d’assurance et verseront les indemnisations (s’il y a lieu) dans un futur plus ou moins rapproché. Par contre, le modèle d’Aéroplan est beaucoup moins risqué, car la valeur des points est fixe contrairement aux indemnisations des sociétés d’assurance dont l’ampleur est imprévisible.

Air Canada est une ligne aérienne qui a connu sa part d’ennuis financiers dans la dernière décennie. Ces problèmes portent évidemment ombrage à Aéroplan. Par contre, il faut savoir que le pourcentage des revenus d’Aéroplan provenant d’Air Canada a beaucoup diminué en raison de l’expansion des activités du programme de fidélisation. En 2007, Air Canada représentait 25% des 950 millions de revenus du groupe. En 2010, ce n’est plus que 12% des deux milliards de revenus prévus qui proviendront d’Air Canada.

Bref, Aéroplan est un titre un peu mal-aimé et négligé qui pourrait revenir en grâce à la faveur d’une reprise économique. Une histoire à suivre…

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