Acheter RIM quand personne n’en veut
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Les actions de Research In Motion (RIMM - Nasdaq) ont subi une forte correction au cours des derniers jours. Les derniers résultats ne semblent pas avoir été appréciés malgré une progression de 23% des profits et revenus. Avec cette chute, l’écart entre l’évaluation actuelle du titre est celle d’il y a deux ans est rien de moins que phénoménal ! Le 3 juillet 2008, l’action du fabricant du BlackBerry se transigeait à 115 US$, soit 51 fois les profits de 2,26$ de l’exercice 2008 (terminé le 1er mars 2008). Au 2 juillet 2010, devenir actionnaire de RIM coûte la modique somme de 48$ équivalents à 11 fois le BPA de 4,32$ de l’exercice 2010.
En résumé, une société ayant presque doublé ses profits et ayant fait passer ses revenus de 6 à 15 milliards en deux ans ne mérite pas mieux qu’un ratio cours/bénéfices digne des Industries Dorel ! Selon moi, une évaluation aussi basse est probablement le fruit du pessimisme ambiant des marchés combiné à l’obsession des médias pour une société prénommée Apple. Le raisonnement à la mode semble être le suivant : RIM ne sera bientôt plus le joueur dominant du marché des smartphones en raison de la concurrence d’Apple et Google, donc, cette compagnie ne vaut plus rien ! CQFD
Il est évident qu’une société qui s’échange à 50 fois ses profits se doit absolument de demeurer le joueur ultradominant de son secteur pour espérer enrichir ses actionnaires. L’intérêt du prix actuel de RIM est que la domination mondiale et interplanétaire n’est plus une nécessité pour procurer un rendement intéressant. Le marché des téléphones intelligents est encore au début de sa croissance. Le terme “téléphone intelligent” sera lui-même désuet dans quelques années, car tous les téléphones mobiles seront alors “intelligents”. Aussi sexy soient Apple et Google, ils ne contrôleront probablement pas 100% de ce marché. RIM ne sera peut-être plus numéro 1, mais demeure bien positionné pour en être un joueur majeur.
Le scepticisme vis-à-vis la firme de Waterloo ne date pas d’hier. Actuellement, plusieurs analystes craignent que la prochaine génération de produits qui sera dévoilée d’ici quelques semaines ne soit pas à la hauteur. C’est possible, mais il ne faut pas oublier que RIM a toujours livré la marchandise en matière de qualité de produits et d’innovation. Depuis 1997, la société confond les sceptiques sur une base régulière. Son CEO et fondateur Mike Lazaridis est un génie qui appartient à la même ligue que Steve Jobs.
Bref, RIM se vend à moins de 10 fois les profits prévus du présent exercice. La société est bien positionnée dans un marché en très forte croissance. Les attentes à son endroit sont basses malgré son historique de succès. Du point de vue d’un investisseur, c’est une équation risque/rendement très attrayante. Acheter de la qualité lorsque personne n’en veut a toujours été la recette gagnante par excellence en Bourse.
L’opinion du blogueur Barel Karsan sur le même sujet
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4 juillet 2010 à 8 h 17 min
Ça demeure tout de même un pari risqué à mon avis puisque comme tu le dis, lorsque le téléphone intelligent deviendra la norme, rien n’indique que RIM sera toujours un gros joueur dans le marché. Il y a 1 ou 2 ans, on disait que le BalckBerry était plutôt réservé aux hommes d’affaires, or, aujourd’hui, la plupart des hommes d’affaires que je connais ont un Iphone… Personnellement, j’essaie de me tenir loin des titres technologique car il m’apparaît difficile de m’imaginer une bonne stabilité à long terme. Reste que le performance financière de RIM des dernières années est pour le moins impressionnante…
4 juillet 2010 à 11 h 26 min
La progression impressionante des résultats au cours des deux dernières années s’est fait en dépit de tout l’engouement pour le iPhone. Et c’est faux de croire que c’est un truc réservé aux gens d’affaires. 50% des revenus de RIM proviennent du segment grand public.
En fait, il y avait un grand scepticisme il y a deux ans concernant le fait que RIM puisse percer dans le grand public. Encore une fois, la gang de Waterloo a confondu les sceptiques.
4 juillet 2010 à 16 h 52 min
La statistique dont tu me parles m’étonne beaucoup… Enfin, tu en connais fort probablement plus que moi en ce qui a trait à RIM. Es-tu convaincu de ton hypothèse au point de prendre position ou tu ne fais qu’y réfléchir?
4 juillet 2010 à 23 h 25 min
Plus exactement, c’est 50% des usagers du BlackBerry qui proviennent du segment grand public. Ça ne se traduit pas nécessairement par 50% des revenus car les usagers corporatifs sont un peu plus payant mais c’est quand même une portion considérable (du genre 35 à 40% des revenus)
Je crois que le titre est un achat et je pourrais prendre une petite position cette semaine.