Une définition de la spéculation
Catégories: Réflexions
Il existe de nombreuses définitions de la spéculation. C’est un sujet dont on peut débattre longuement. Dans les commentaires accompagnant mon article “je suis un spéculateur“, certains définissent la spéculation comme une activité pratiquée par des gens peu intelligents, peu renseignés et qui, au final, font un peu n’importe quoi. Hum… Il est vrai que certains spéculateurs amateurs correspondent à cette définition. Par contre, je ne suis pas prêt à qualifier d’idiot et d’ignorant les spéculateurs professionnels employés par les grandes institutions financières…
Une définition plus intéressante du spéculateur et de l’investisseur nous est proposée par Edward Chancellor dans son excellent livre “Devil Take the Hindmost. A History of Financial Speculation“. Selon lui :
Les spéculateurs sont à l’avant-garde du processus capitaliste. Dès qu’une innovation a été établie avec succès et produit des rendements réguliers, les spéculateurs cèdent la place aux investisseurs. Ceux-ci sont davantage intéressés par la protection de leur capital et l’obtention de revenus réguliers que par le gain en capital. Contrairement aux spéculateurs, l’investisseur s’intéresse principalement à l’état actuel des choses. Il ne tente pas vraiment d’anticiper le futur, et, lorsqu’il le fait, ne vise qu’à s’assurer qu’il n’y aura pas de changement important avec la situation présente.
La différence entre spéculateurs et investisseurs n’aurait donc rien à voir avec le degré de connaissance ou d’intelligence, mais serait plutôt liée aux objectifs poursuivis. En résumé, si vous recherchez le gros gain en capital grâce à une anticipation judicieuse du futur : vous êtes un spéculateur. Si vous cherchez plutôt à protéger votre capital tout en vous assurant de revenus réguliers et prévisibles : vous êtes un investisseur.
Je suis conscient d’entrainer une bonne partie des lecteurs de ce blogue avec moi dans le “monde infâme de la spéculation” avec une telle définition. Ne vous en faites pas. Je crois qu’il faut en prendre et en laisser avec les discours moralisateurs contre la spéculation que l’on entend dans les médias. L’humanité ne pourrait avancer sans l’existence d’individus prêts à assumer certains risques. Tout est dans l’art de prendre des risques de façon intelligente, réfléchie et calculée.
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12 juin 2010 à 16 h 01 min
Attention, si je me fie à ta conclusion, Phillip Fisher serait un spéculateur!?
12 juin 2010 à 17 h 55 min
En effet, Fisher cherchait des entreprises promises à un futur très glorieux. Il y avait donc un pari de sa part sur le futur de ces entreprises. La grande force de Fisher était son travail d’enquête approfondi et minutieux. On parle ici de spéculation hautement éduquée mais de spéculation tout de même.
13 juin 2010 à 8 h 59 min
Alors dans ce cas, peut-on être à la fois spéculateur et investisseur? Par exemple, je me considère un peu dans les 2 catégories de ton résumé: Je recherche à la fois un gros gain en capital à partir d’une prédiction juste du futur mais je cherche également à protéger mon capital. Voilà pourquoi je tente d’acheter des entreprises en croissance à des prix plutôt faibles. En les achetant à un cours sous-évalué, je m’assure ainsi de réduire mes probabilités de pertes.
13 juin 2010 à 11 h 10 min
Quel est ton but premier ? Protection du capital ou gain en capital ? Je crois qu’un investisseur est quelqu’un dont la prudence l’emporte sur le désir de gain. Dans mon cas, je dois admettre que mon but premier a toujours été le gain en capital. J’ai manqué de prudence en certaines occasions et c’est quelque chose que je me dois d’améliorer.
Aussi, je crois qu’une action peu être sous-évaluée mais que ça ne protège pas ton capital pour autant. Par exemple, je trouve que Home Capital Group est sous-évalué présentement à 42$. Selon moi, le titre devrait valoir 50$-55$. Par contre, un évenement difficile à prévoir pourrait frapper la compagnie et le titre pourrait descendre à 30$. Le capital n’est pas vraiment protégé.
16 juin 2010 à 18 h 30 min
Pour répondre à ta question, je te dirais que je vise les 2 buts en même temps. J’ai des titres comme Procter and Gamble, 3M et Johnson et Johnson qui visent davantage la protection de mon capital et j’ai des titres comme LHC Group, Home Capital Group, Stryker, MTY, etc. qui visent plutôt les gains capitaux.
Je pense qu’acheter une action lorsqu’elle est sous sa valeur intrinsèque permet de minimiser tes pertes en cas de chute. C’est sûr que c’est facile à dire comme ça mais dans le cas de Home Capital, vaut mieux acheter à 42$ qu’à 55$ si le titre devait tomber à 30$! Et, entre toi et moi, si le titre tombait à 30$ sans perdre de rentabilité, on serait les premier à faire le plein!
12 octobre 2010 à 3 h 53 min
[...] « Acheter des actions, c’est spéculer! Alors oui peut être pour certains qui prennent de véritables paris sur telle ou telle société. [...]