Retour sur Timminco

Publié le 17 mars 2010 par Philippe Rancourt
Catégories: Scepticisme

La société torontoise Timminco (TSX - TIM) vient d’annoncer qu’elle suspend indéfiniment ses activités de production de silicium hautement raffiné pour les panneaux solaires. L’entreprise est victime d’un effondrement de la demande pour l’énergie solaire et des problèmes avec la qualité de son produit. Véritable vedette boursière, son titre était passé de quelques sous à un sommet de 34,50$ en l’espace d’un an. L’action végète maintenant aux alentours de 1$.

À l’été 2008 (le titre valait alors 25$), j’avais écrit le texte suivant : “L’usine aux milliards” sur cette histoire qui me semblait trop belle pour être vraie. En rétrospective, je crois que le style littéraire de mon texte était tout à fait approprié…

À l’époque, il y avait un débat animé sur la viabilité du procédé secret de Timminco lui permettant de produire du silicium de haute qualité à faible coût. Il s’agissait bien sûr d’une question importante, mais je crois qu’elle occultait un autre élément tout aussi important au succès de l’entreprise : le maintien d’un prix élevé pour le pétrole. La demande pour l’énergie solaire était forte parce qu’elle était une alternative économiquement viable face à un baril de pétrole flirtant avec les 200$. En s’effondrant, le baril d’or noir ne pouvait qu’entrainer l’énergie solaire avec lui dans sa chute.

À l’instar de Timminco, plusieurs petites capitalisations canadiennes sont passées du statut de prince charmant à celui de crapaud repoussant aux yeux des investisseurs. L’élément manquant au conte de fées fut souvent le même : le maintien d’un prix très élevé des ressources naturelles.

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  1. L’usine aux milliards
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  3. Les 15 questions de Philip Fisher

4 commentaires sur “Retour sur Timminco”

  1. Denis a dit...

    Bonjour Philippe

    Je me souviens d’avoir lu ton texte en 2008 et je viens de le relire. Une perle! Non seulement le style était des plus habiles et des plus drôles, mais sur le fond c’était “direct dans le mille”. Ta grande sagesse d’investisseur éveillé t’avait permis de voir juste et de ne pas tomber dans le piège.

    Il y a là une précieuse leçon de sain scepticisme que nous devrions toujours avoir en tête face à ces entreprises qui atteignent soudainement une incroyable valeur boursière, avant même d’avoir réaliser le moindre profit. Bravo pour ce texte remarquable!

    Denis

  2. Philippe Rancourt a dit...

    Merci beaucoup Denis !

    Disons que ça compense un peu pour d’autres textes où j’étais dans le champ gauche :-)

  3. Pierre-Olivier a dit...

    Philippe,

    Qu’est-ce qu’il y a de si spécial dans la dernière acquisition de Fortress Paper pour que le titre monte autant en aussi peu de temps? J’aimerais bien entendre ton opinion puisque je sais que tu suis le titre depuis un bon moment.

    Salutations,
    Pierre-Olivier

  4. Philippe Rancourt a dit...

    Le potentiel est gigantesque. C’est le sujet de mon prochain article.

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