S’associer et s’enrichir

Publié le 24 janvier 2010 par Philippe Rancourt
Catégories: Fortress Paper, Warren Buffett

Investir en Bourse est la plupart du temps un sport solitaire où l’indépendance d’esprit s’avère une qualité fort utile. Cela ne veut pas dire pour autant que notre réussite dépend à 100% de nos idées personnelles. Heureusement pour nous, il existe des investisseurs brillants, dotés d’un flair incroyable pour s’enrichir et peu connus du grand public (ceci n’est pas un article sur Buffett). La beauté des marchés boursiers est qu’ils nous permettent de nous associer à un tel spécimen lorsqu’on en découvre un. Quoi de plus facile que d’acheter quelques actions et de laisser ensuite à notre “nouvel associé” le soin de travailler corps et âme à notre enrichissement !

Selon moi, Chad Wasilenkoff, le fondateur et PDG de la société Fortress Paper, fait partie de cette catégorie buffettienne d’individus obsédés dès leur plus jeune âge par l’accumulation d’argent. Son histoire n’est pas banale (le type a seulement 37 ans) et recèle quelques similarités avec celle du célèbre investisseur. Dès l’âge de 10 ans, Wasilenkoff engageait ses amis pour repêcher les balles de golf gisant au fond des étangs. Ils revendaient ensuite celles-ci avec un joli profit aux clients des clubs de golf (un gamin d’Omaha faisait la même chose dans les années 30). À l’adolescence, il développa un commerce de revente de jeux vidéos Atari (l’adolescent d’Omaha louait des machines à boules, chacun son époque…). Notre ado ambitieux prit ensuite de l’expansion, passant de la revente de jeux vidéos à celle de bicyclettes à celle d’autos usagées !

Vinrent l’âge adulte et les choses sérieuses. Son premier grand coup fut la prise de contrôle en 2003 de l’entreprise Dynasty Metals pour 1 million$. La hausse subséquente du prix de l’or de 300$ à 700$ fit passer la capitalisation boursière de la société à 150 millions $ ! Wasilenkoff répéta le même manège en 2004 avec l’acquisition pour une bouchée de pain de Titan Uranium alors que le prix de l’uranium était au plancher. Vous imaginez la suite… le prix de l’uranium explosa de 10$ à près de 100$ la livre et Wasilenkoff eut le flair de vendre ses actions au sommet !

La création de Fortress Paper en 2006 par le rachat de deux moulins à papier de la société Mercer International procède de la même logique. Encore une fois, Wasilenkoff achète à bas prix des actifs dans un secteur en défaveur (les pâtes et papiers). Il s’agit par contre d’actifs de qualité qu’il croit être capable de valoriser au cours des prochaines années (voir mon analyse). Détenant 25% des actions de la société, son intérêt réside clairement dans la hausse du titre.

En conclusion, je suis convaincu que s’associer à un investisseur possédant un tel flair peut s’avérer payant. Bien entendu, personne n’est infaillible, mais pourquoi ne pas mettre toutes les chances de notre côté en s’arrimant à quelqu’un qui semble né pour faire de l’argent ? Entre un Chad Wasilenkoff et un président-technocrate qui mise sur ses habiletés politiques pour réussir (et ses options pour s’enrichir) , lequel choisiriez-vous ? Pour ma part, le choix est déjà fait !

Pour plus d’info:

Un article sur l’expansion de Fortress Paper

Un article sur Chad Wasilenkoff

Un article du Globe & Mail

Articles sur le même sujet:

  1. Investir à contre-courant au Québec
  2. Pour bien comprendre Fortress Paper
  3. Les bonnes acquisitions ne suffisent pas

4 commentaires sur “S’associer et s’enrichir”

  1. Pierre-Olivier Langevin a dit...

    Salut Philippe,

    Voici un article intéressant sur l’entreprise:
    http://www.nationalpost.com/related/topics/story.html?id=1562666

    J’ai remarqué que l’entreprise avait fait d’énormes investissements dans ses équipements dans les 2 dernières années (plus que ce que l’entreprise génère en terme de cashflow). Qu’en penses-tu? Est-ce que cette industrie est gourmande au niveau des capitaux à injecter ou bien est-ce seulement un signe qu’on pourra s’attendre à une bonne croissance dans les années à venir?

    Merci de nous faire connaître cette entreprise!

    Pierre-Olivier

  2. Franck a dit...

    Bonjour Philippe,

    En effet, acheter ne serait-ce qu’une action d’une entreprise dirigée et/ou détenue par un entrepreneur qui a fait ses preuves et qui fera tout pour s’enrichir est déjà le gage que le management se défoncera pour faire de la croissance et des bénéfices.

    Que penses-tu des entreprises familiales détenues à plus de 50% par la même famille depuis des décennies ?

    à+
    Franck de Valeur et Profit

  3. Philippe Rancourt a dit...

    @Pierre-Olivier: ce sont des investissements effectués pour faire croître la société, il ne s’agit pas de capital “de maintenance”

    @Franck: J’aime beaucoup les “self made man” comme Wasilenkoff. Par contre, les entreprises familiales me laissent plutôt tiède. Quant on parle d’entreprise familiale, on parle de 2e ou 3e génération… ces héritiers qui l’ont toujours eu facile se foutent souvent des actionnaires… Mais bon, toutes les entreprises familiales ne sont pas nécessairement mauvaises… il faut les évaluer au cas par cas je présume.

  4. Philippe Rancourt a dit...

    @Pierre-Olivier : merci pour l’article, je l’avais déja lue mais c’est vrai que c’est un très bon complément d’info pour mes lecteurs. Je l’ai ajouté ainsi qu’un autre article à la fin de mon blogue.

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