La citadelle assiégée

Publié le 19 novembre 2009 par Philippe Rancourt
Catégories: Groupe TMX

la-citadelle-assiegee-7959711Le groupe TMX vient de publier des résultats du 3e trimestre assez décevants pour ses actionnaires. L’opérateur des Bourses de Toronto, Vancouver et Montréal a vu ses revenus et profits diminuer de 6 % et 18 % respectivement.  Il serait facile de simplement blâmer la récession, mais ce serait occulter ce qui semble être un affaiblissement de la position concurrentielle de la société.  En effet, les revenus de la Bourse de Toronto ont chuté de 42 % (passant de 26 millions à 15 millions) en raison de la concurrence des nouvelles plates formes électroniques de négociation (Alpha, Chi-X, Pure Trading). Cette baisse est nettement supérieure à ce qu’avait anticipé la direction.

Pendant longtemps, le groupe TMX a régné sur le marché canadien à la façon d’un quasi-monopole. La société dégageait une forte rentabilité, car elle pouvait faire croître ses revenus sans faire de gros investissements en capital.  La situation a radicalement changé depuis l’an passé. L’opérateur doit maintenant effectuer d’importants investissements dans son infrastructure technologique pour rivaliser avec ses compétiteurs. Parallèlement, il doit aussi sabrer ses prix pour demeurer concurrentiel. Inutile de dire que c’est la rentabilité de la société qui écope et que l’intensité de la compétition ne risque pas de diminuer au cours des prochaines années…

La stratégie récente du groupe TMX fut de se diversifier en faisant notamment l’achat de la Bourse des produits dérivés de Montréal en 2007. En rétrospective, il est clair que le groupe TMX a probablement payer trop cher pour la Bourse montréalaise. De l’avis même du président de la compagnie, Thomas Kloet, le marché des produits dérivés au Canada fonctionne mal (it’s flawed) et la Bourse de Montréal affiche de piètres résultats. Encore une fois, l’achat de la Bourse de Montréal semble avoir été une (couteuse) manoeuvre défensive dans le but d’éviter que cette dernière s’allie à un gros joueur américain. La participation de 50% du groupe dans la Boston Options Exchange (BOX) n’est guère plus emballante, car celle-ci semble condamnée à n’être qu’une Bourse de second ordre dans le marché ultracompétitif des options aux États-Unis.

En conclusion, il me faut admettre que le groupe TMX n’est plus la forteresse entourée d’un large fossé qui m’avait séduit comme investisseur il y a quelques années. J’ai même l’impression que son fossé est maintenant rempli de sable, que la porte principale est enfoncée et que ses ennemis font la pluie et le beau temps à l’intérieur des murs !  L’investissement à long terme dans un titre  peut être payant à condition d’être capable d’identifier à temps l’affaiblissement de sa position concurrentielle…  Satanées fourmis rouges !

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  2. Résultats du groupe TMX
  3. Imprimer de l’argent

4 commentaires sur “La citadelle assiégée”

  1. Philippe Rancourt a dit...

    Un petit complément d’information:

    Un article inquiétant pour le groupe TMX :

    http://www.stockwatch.com/newsit/newsit_newsit.aspx?bid=Z-C:*CNSX-1662904&symbol=*CNSX&news_region=C

    Un article plus réjouissant pour TMX :

    http://www.stockwatch.com/newsit/newsit_newsit.aspx?bid=Z-C:X-1664020&symbol=X&news_region=C

  2. martin a dit...

    Bonjour Philippe,

    bien que la baisse de revenus de la Bourse de Toronto eue été brutale au dernier trimestre, celà ne représentait que 11.5% des revenus totaux du trimestre…je n’ai pas encore bien étudié la compagnie mais j’aime ses free cash flows…

  3. Philippe Rancourt a dit...

    C’est vrai qu’une chute de 11% des revenus, ce n’est pas la fin du monde dans un contexte de récession. Ma crainte, c’est que cette chute ne soit que la pointe de l’iceberg car la concurrence ne va que s’intensifier au cours des prochaines années.

  4. Philippe Rancourt a dit...

    Il faut aussi avoir en tête que le groupe TMX a coupé ses prix seulement en août dernier. L’effet négatif de cette baisse de prix est très peu présent dans les résultats des 12 derniers mois se terminant le 30 septembre.

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