Virage important pour Home Capital Group
Catégories: Home Capital Group
Home Capital Group est un prêteur immobilier sur lequel j’ai écrit à quelques reprises sur ce blogue (dont l’analyse suivante publiée en juin 2008). La société a entrepris un virage important depuis la publication de cette analyse et je crois qu’une mise à jour pourrait intéresser certains lecteurs.
Depuis sa fondation en 1986, Home Capital Group s’est concentrée dans les prêts hypothécaires dits “subprimes” (ou Alt-A selon le jargon du domaine). Ces prêts sont consentis aux individus ne satisfaisant pas aux critères des banques pour l’obtention d’une hypothèque. HCG a su tirer son épingle du jeu grâce à son expertise pointue pour évaluer le risque de ce type de clientèle, son financement traditionnel par émission de certificats de dépôts et sa structure de capital conservatrice (ratio de capital de tiers 1 élevé). En résumé, HCG a longtemps festoyé à partir des miettes qui tombaient de la table des grandes banques canadiennes.
L’été 2008 arriva et avec elle vint une crise financière sans précédent qui entraina une forte diminution de la concurrence dans le marché du prêt hypothécaire au Canada. HCG y vit une occasion en or de pénétrer le marché des hypothèques “traditionnelles”. Quel fut son Cheval de Troie ? Les courtiers hypothécaires indépendants! Ceux-ci, voyant les options diminuer pour leurs clients, furent très heureux d’accueillir HCG dans ce segment du marché. Dorénavant, la petite société de Toronto allait s’asseoir à la table des grands!
À son dernier trimestre, 68 % des hypothèques émises par HCG étaient donc des hypothèques traditionnelles assurées par la SCHL. 29 % du portefeuille d’hypothèques de HCG est maintenant assuré par la SCHL comparativement à 15 % au 31 décembre 2008. Les courtiers hypothécaires semblent très satisfaits du service personnalisé que leur offre HCG. Un service qui contraste beaucoup avec celui qu’ils obtiennent des grandes banques. Celles-ci possèdent leur propre force de vente et ont toujours entretenu un rapport ambigu de collaboration/compétition avec les courtiers hypothécaires.
En conclusion, Home Capital Group a profité de la crise pour diminuer le niveau de risque de ses activités tout en augmentant ses profits. La firme de Gerald Soloway est un autre exemple que la théorie voulant qu’il faille prendre davantage de risques pour faire davantage de profits n’est en fait… qu’une théorie !
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15 novembre 2009 à 16 h 33 min
Philippe,
J’apprécie énormément tes articles sur Home Capital Group, ils me permettent de mieux connaître cette société qui m’intéresse de plus en plus.
15 novembre 2009 à 19 h 21 min
Ça me fait plaisir. N’hésite pas si tu as des questions. Je ne prétends pas tout connaître sur cette compagnie mais je peux détenir certains éléments de réponse…
15 novembre 2009 à 21 h 21 min
Salut Phillipe,
Moi j’aurais une question pour toi. Si 71% des prêts de HCG ne sont pas assurés par la SCHL, ne devient-elle pas très vulnérable si les taux d’intérêts se remettent à monter fortement ? C’est un scénario tout à fait envisageable si l’inflation refait surface à moyen terme.
16 novembre 2009 à 0 h 01 min
Salut Yannick,
C’est une question légitime. Il faut savoir que pour les hypothèques qui ne sont pas assurées par la SCHL, Home Capital ne prête jamais plus que 70% de la valeur de la propriété. Il y a donc deux conditions nécessaires pour que HCG perde de l’argent avec un prêt:
1. les propriétaires ne peuvent plus faire leurs paiements
2. la valeur de la maison sur le marché doit chuter de plus de 30%
Ça prendrait donc une baisse très brutale de l’ordre de 40% de l’immobilier combiné à de nombreux défauts de paiements pour que HCG subisse des pertes substantielles. Personnellement, je crois que la probabilité qu’un tel scénario se réalise est minime… mais bon, personne ne connaît l’avenir…
Aussi, je crois que les autorités monétaires ne monteront pas les taux avant d’avoir des preuves solides de la reprise économique (ce serait suicidaire de faire autrement). L’effet négatif de la hausse des taux va donc être compensé par l’effet positif de l’amélioration de l’économie.