Dollarama : de l’autre côté de l’IPO
Catégories: Scepticisme
Dollarama, la fameuse chaîne de magasins à 1$, va bientôt devenir un société inscrite en Bourse par le biais d’un premier appel public à l’épargne (IPO en anglais). Le prix de départ des actions et le moment de l’émission ne sont pas encore connus. Le journaliste Bernard Mooney fait une bonne analyse financière du titre dans son blogue (ici). Dans son texte, il se place du point de vue de l’investisseur qui cherche à évaluer si le titre est un achat intéressant ou pas. Pour ma part, je vous propose de vous placer du point de vue du vendeur….
En effet, qui dit IPO, dit société cherchant à vendre une partie d’elle-même au public. Dans ce contexte, il peut être intéressant de s’interroger sur leurs motivations. Pourquoi fait-elle une émission, et surtout, pourquoi le fait-elle maintenant ? L’histoire commence en 2004 alors que le fondateur de Dollarama, Larry Rossy, vend 80% de sa compagnie à la firme de private equity Bain Capital pour 1 milliard de dollars. Suivant la stratégie classique des achats à levier, Bain Capital endette ensuite lourdement Dollarama pour financer l’acquisition. La dette actuelle de 800 millions est donc un héritage de cette manoeuvre d’ingénierie financière et non un résultat de l’expansion de la société. Le produit de l’émission d’actions servira donc à éponger une partie du plantureux prix d’achat consenti par Bain à monsieur Rossy.
Mais pourquoi maintenant ? En général, les sociétés font des émissions d’actions lorsque que le contexte leur permet d’avoir un bon prix pour celle-ci. Par exemple, une entreprise oeuvrant dans une industrie cyclique va émettre des actions au sommet du cycle. Dans le cas qui nous intéresse, le moment n’est probablement pas le fruit du hasard. Pendant une récession, les titres de consommation de base (épiceries, pharmacies) et les titres de détaillants à bas prix (Wal-Mart, Dollarama) performent généralement bien. C’est donc à la sortie de la récession (juste avant un nouveau cycle de croissance économique) que leur évaluation boursière atteint un sommet. Tout indique que nous sortons présentement de la récession, le moment est donc idéal pour vendre des actions à un public encore ébranlé par la crise et friand de titres défensifs.
En conclusion, il est évident que tout va dépendre du prix de l’émission. Personnellement, je ne fonderais pas trop d’espoir sur la possibilité d’obtenir un bon prix. La tendance naturelle est d’investir en regardant dans le rétroviseur et de payer le gros prix pour se prémunir contre une crise qui fait déjà partie des livres d’histoire…
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10 octobre 2009 à 20 h 18 min
Pour ceux qui sont anxieux d’acheter des actions de Dollarama après l’IPO regardez ce qui est arrivé à l’action de Tim Hortons; plus de trois ans plus tard le titre est pratiquement au même prix. Il est parfois sage de laisser passer une première émission et d’attendre que l’effervescence diminue avant de sauter dans le train.
10 octobre 2009 à 22 h 30 min
Très bon point Martin.
C’est vrai qu’il y a de nombreuses similitudes entre les deux IPOs. Les deux ont atteint un bon niveau de maturité avant d’entrer en Bourse. Avec une croissance qui n’est pas vraiment explosive (du genre 10% par année), il faut faire vraiment attention au prix payé.