Destruction de valeur = aubaine ???
Catégories: Scepticisme
Il y a des “patterns” d’articles qui reviennent régulièrement dans la presse financière. Prenons l’exemple d’un article sur une société qui a connu de gros problèmes et dont le prix de l’action ne vole pas très haut… Bien souvent, vers la fin du texte, nous avons droit à une citation d’un gestionnaire de style “valeur” affirmant que l’action est une aubaine car elle est sous-évaluée de x% par rapport à sa valeur comptable ou que son ratio cours/bénéfice est inférieur à celui des sociétés comparables.
Aucun exemple ne vous vient en tête ? En voici deux : Cogeco Cable (TSX - CCA) et Pharmacie Jean Coutu (TSX - PJC.A). Ces deux entreprises se sont démarquées au cours des dernières années avec des acquisitions désastreuses qui ont détruit beaucoup de valeur pour leurs actionnaires. Évidemment, leurs cours boursiers ont fortement écopé, attirant du même coup les investisseurs de style “valeur” qui se sont mis à ausculter le bilan et les différents ratios financiers de l’entreprise à la recherche d’un 20% de sous-évaluation…
Mes questions pour ces investisseurs : une société qui a détruit des centaines de millions de valeur en raison d’une erreur majeure de sa direction ne mérite-t-elle pas d’être sous-évaluée ? Cette sous-évaluation n’est elle pas d’autant plus méritée que cette direction est toujours en place et qu’elle est difficile à déloger pour cause d’entreprise familiale et d’actions multi-votantes ? N’est-il pas logique de payer une prime pour une direction très compétente et d’obtenir un escompte pour une direction… disons… moins qualifiée ?
Peux-être suis-je trop influencé par Philip Fisher mais je crois qu’on ne peut s’en remettre uniquement à l’analyse financière et ignorer un aspect aussi crucial que la compétence des dirigeants. Par contre, je suis conscient que payer une prime pour une direction de grande qualité n’offre pas une grande marge de sécurité. Après tout, personne n’est parfait et des dirigeants avec une feuille de route irréprochable peuvent aussi commettre une erreur importante. La meilleure stratégie serait donc d’acheter des sociétés très bien dirigées mais dont le prix de l’action n’inclut pas de “prime à la compétence”. Pas facile… mais obtenir une direction compétente gratuitement, n’est-ce pas là la plus grande des aubaines ?
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26 juin 2009 à 12 h 29 min
Les bilans, comptes de résultat et graphiques de cours sont le passé de l’entreprise et constitue seulement un socle (cash + compétence) sur lequel l’entrepreneur construira l’avenir de la société. Si le marché est efficient il “saura” que l’équipe est compétente, mais il est très certainement possible de trouver des sociétés dont la compétence n’est pas encore connue…
30 juin 2009 à 1 h 20 min
“Par contre, je suis conscient que payer une prime pour une direction de grande qualité n’offre pas une grande marge de sécurité. Après tout, personne n’est parfait et des dirigeants avec une feuille de route irréprochable peuvent aussi commettre une erreur importante.”
N’était-ce pas le cas de Jean Coutu avant l’acquisition de des pharmacies Eckerd?
Je pense que la direction de Jean Coutu avait prouver quelle était une direction de qualité pendant de nombreuses années avant cette formidable erreur.
Quand on apprend de ces erreurs, on devient meilleur. Si la direction de Jean Coutu applique cette règle, Jean Coutu devrait revenir à son niveau antérieur mais maintenant avec une expertise plus grande pouvant et, espérons le, profitable aux actionnaires actuels et futurs.
Ceci dit, je ne suis pas actionnaire de Jean Coutu mais s’il devait y avoir un recul autour de $8.00 -$8.50, je ne serais pas gêné d’embarquer pour du long terme.
30 juin 2009 à 2 h 03 min
Vous avez un bon point ! Par contre, je crois que l’évaluation basse est justifiée d’ici à ce qu’on ait la preuve de la compétence de la direction…
Il ne faut pas oublier qu’il ne semble pas y avoir beaucoup d’occasion de croissance au Canada et que Shoppers/Pharmaprix a beaucoup progressé au Québec pendant leur aventure américaine… Jean-Coutu vient de rénover leur pharmacie près de chez-moi, c’est une bonne chose mais ça aurait du être fait il y a au moins 5 ans…
1 juillet 2009 à 14 h 01 min
C’est ça l’ennui, la complexité et… le beau défi d’investir dans les actions. Il y a les chiffres, les ratios et l’analyse qu’on en tire et, les humains. Les mauvaises décisions ou démonstrations d’incompétence tel que l’audace arrogante d’avaler Rite-Aid. Tant que les mêmes dirigeants sont en place, je préfères parler d’handicap de gestion (comme au golf). A première vue on observe bien une sous-évaluation mais… le passé témoigne. Et si les erreurs se répétaient? On aura un titre à sa juste et moindre valeur!
Il est très difficile de voir clair dans le marché actuel. L’opacité de notre timide reprise rend difficile la prise de décision. Une certitude: il y a plusieurs bonnes façons de se tromper. Le facteur humain étant le plus difficile à évaluer.
2 juillet 2009 à 2 h 40 min
Bien d’accord avec toi Fabien. Investir dans les actions est déjà une aventure assez risqué et complexe sans qu’il faille en rajouter en prenant des risques inutiles. Selon moi, éviter d’acheter des entreprises dont la direction a commis des erreurs importantes est une façon (parmi d’autres) de minimiser le risque.
Ça ne veut pas dire que la direction ne peut pas apprendre de ses erreurs comme le mentionnait BykerSyl mais pourquoi prendre ce risque ?
2 juillet 2009 à 14 h 28 min
Mais la direction de Jean Coutu a-t-elle pleinement appris de ses erreurs? Elle blàme le contexte économique au lieu d’admettre que c’était une erreur de prendre autant d’expansion aux États-Unis. Non seulement ça, la direction pense encore que Rite-Aid est un bon placement.
Un bon gestionnaire admet ses erreurs avec humiilité et passe à autre chose. Je ne crois pas avoir vu cela chez Jean Coutu.
3 juillet 2009 à 3 h 01 min
En effet Alexandre, cet absence de mea culpa alors que l’erreur est énorme et évidente est quelque chose qui m’agace beaucoup avec la direction de Jean Coutu…