Le piège de l’ancrage

Publié le 7 juin 2009 par Philippe Rancourt
Catégories: Psycho Pop, Réflexions

Comme vous le savez tous, les marchés boursiers ont fortement rebondi depuis le creux du mois de mars (+40%).  Si vous êtes comme moi, vous avez sûrement une liste de surveillance des titres que vous ne possédez pas mais qui vous intéressent. Hélas, ce ne sont pas seulement les indices qui ont progressé au cours des derniers mois mais aussi les titres qui composent les listes de surveillance de la plupart des investisseurs… Il est toujours un peu frustrant de voir un titre qu’on a à l’oeil gagner 50% en trois mois sans qu’on ait eu le courage de l’acheter! Ah, ces occasions manquées…

Est-ce à dire qu’il est maintenant trop tard pour faire le plein d’actions ? Je ne crois pas.  Il ne faut pas tomber dans le piège psychologique de l’ancrage en établissant la juste valeur des titres à leurs cours d’il y a trois mois. Il est fort possible que le niveau des indices du début mars s’avère être un des plus grands creux boursiers des trente dernières années. Dans ce contexte, prendre ces cours comme point d’ancrage et attendre leur retour pourrait  être une erreur coûteuse.   Évidemment, il ne manque pas de soi-disant devins boursiers pour affirmer que la hausse ne tiendra pas et que les marchés vont plonger à nouveau. Ils peuvent avoir raison mais il faut être conscient que la stratégie qui consiste à demeurer sur les lignes de côtés comporte aussi des risques…  (et si le marché poursuivait sur sa lançée ? )

En considérant le déluge quotidien de mauvaises nouvelles que l’on a subi au cours des douze derniers mois (et son impact psychologique), il est tout à fait normal que la reprise soit accueillie avec scepticisme. Si tout le monde était unanime à son sujet, dites-vous que le prix des actions sur nos listes de surveillance serait encore beaucoup plus élevé !

En conclusion, personne ne sait si la reprise économique est vraiment à nos portes. Par contre, nous savons tous qu’elle va arriver un jour. Je remarque aussi qu’on évoque  “le spectre de la dépression des années 30″ dans les médias beaucoup moins qu’il  y a quelques mois… Bref, je crois qu’il faut éviter les pièges psychologiques que sont l’ancrage et la procrastination et avoir le courage de positionner son portefeuille pour la reprise malgré les incertitudes.

On s’en reparle en juin 2010…

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2 commentaires sur “Le piège de l’ancrage”

  1. Claude M. a dit...

    Comme le disait certains chroniqueurs du Journal les Affaires, plusieurs titres sont moins risqués maintenant qu’au mois de mars, à cause des financements depuis ce temps. J’ai donc commencé à investir il n’y a pas longtemps, et je n’écoute plus les avertissements de fin du monde que nous servent certains médias, comme justement un autre chroniqueur du même Journal!
    J’ai manqué une partie du rebond, mais au moins, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai agi.
    Bon blogue en passant M. Rancourt.

  2. martin a dit...

    Bonjour Philippe,

    vous avez bien raison. J’ai tout récemment expérimenté ce phénomène lors de ma dernière visite au cinéma: les sacs de popcorn se vendaient respectivement 4$, 4.5$ et 5$ pour les formats petit, moyen et grand. On peut croire que le grand format est un excellent rapport format-prix sur cette base mais quand on pense que le même format se vend l’équivalent d’environ .50$ à l’épicerie, on se rend bien compte que c’est très dispendieux !!

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