Le sexe fait vendre !
Catégories: Scepticisme
Le sexe fait vendre ! C’est une réalité bien connue de tous. Vendre un service ou un produit qui permet à l’homme (avec un petit “h”) d’assouvir ses pulsions les plus animales est une voie sure et certaine vers la richesse. Suivant cette logique, les entreprises cotées en Bourse qui oeuvrent dans le domaine du divertissement pour adultes devraient créer énormément de valeur pour leurs actionnaires…
Et bien non !
Les déboires de Playboy (Nasdaq - PLA) en sont le parfait exemple. La célèbre société pourrait être retirée de la cote du NASDAQ à cause de sa capitalisation boursière trop faible. C’est le dernier chapitre d’une longue liste de déboires qui ont mené à la démission de la présidente, Christie Hefner (la fille du fondateur), en décembre dernier. Son ancien rival, Penthouse, a quant à lui carrément fait faillite en 2003 ! Je pourrais aussi faire mention de la chaine de “club de strip-teaseuses”, Rick Cabaret (Nasdaq - RICK), dont l’action a perdu près de 80% de sa valeur depuis six mois ou des sociétés New Frontier Media (Nasdaq - NOOF) et Private Media Group (Nasdaq - PRVT) dont la performance boursière des dernières années n’est pas très reluisante. Je vais m’arrêter ici car démontrer une trop grande connaissance de ce domaine pourrait amener certains lecteurs à se faire une fausse opinion de votre humble blogueur
Farce à part, la réalité du monde des affaires est complexe et il ne suffit pas d’exploiter bêtement un “vice” de la nature humaine pour y avoir du succès. La compétence des employés (en particulier de la direction) est probablement un des facteurs les plus importants du succès d’une entreprise. Selon moi, ça explique en grande partie les problèmes des sociétés citées plus haut : les gens très compétents ne veulent tout simplement pas aller y travailler ! Prenons l’exemple d’un directeur financier brillant et ambitieux qui a le choix entre un emploi chez Playboy ou chez Time Warner, pensez-vous vraiment qu’il va choisir d’ajouter Playboy à son curriculum vitae ? Il ne faut pas se le cacher, les entreprises oeuvrant dans le divertissement pour adultes sont condamnées à être des sociétés de second ordre peuplées par des employés de second ordre !
La morale de l’histoire, c’est qu’il faut se méfier des raccourcis simplistes en matière d’investissement. Investir dans une industrie sulfureuse (un “sin stock”) n’est pas nécessairement payant. Pas plus qu’investir dans le secteur de la santé en raison du “vieillissement de la population” n’est une stratégie très sophistiquée. Ce ne sont que des raccourcis qui ne remplaceront jamais une véritable compréhension des forces et faiblesses d’une industrie.
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30 avril 2009 à 12 h 45 min
Très juste !
Ca me rappelle une stratégie d’investissement de certains qui disent fièrement :
“j’investis dans la grande distribution parce qu’on aura toujours besoin de se nourrir …”
No comment.
30 avril 2009 à 17 h 04 min
Vous soulevez un point intéressant. Je ne m’étais jamais arrêté à la réticence de personnes compétentes à travailler pour de telles entreprises.
Merci
1 mai 2009 à 1 h 17 min
En effet Laurent, “les gens auront toujours besoin de se nourrir” est aussi un cliché qu’on entend régulièrement pour les titres du secteur agricole.