Bien connaître ses titres
Catégories: Réflexions
Je dois l’avouer; j’ai un peu de difficultés à écrire en temps de crise… D’un côté, écrire sur la crise actuelle ne m’intéresse pas et je ne vois pas ce que je pourrais ajouter de plus à tout ce qui se dit dans les médias. D’un autre côté, je trouve difficile d’écrire sur les particularités d’un titre dans le climat actuel sans avoir l’air complètement sur une autre planète… L’impact de prix du poulet sur les prochains résultats de Buffalo Wild Wings me semble bien futile en comparaison des risques d’effondrement du système financier américain !
Et pourtant ! Je suis de plus en plus convaincu que la seule méthode pour avoir un succès durable en Bourse consiste à comprendre en profondeur les compagnies dans lesquelles on investit. Et comprendre en profondeur une compagnie, c’est connaître les moindres détails de son modèle d’affaire, ses haut dirigeants (pas juste le pdg), sa culture d’entreprise, ses concurrents et ce qui la distingue vis-à-vis de ces derniers, etc. En fait, c’est accumuler une somme de connaissances qui nous donne un avantage par rapport au reste des participants du marché, qui, la plupart du temps, n’ont qu’une compréhension superficielle de l’entreprise.
Pour évaluer un titre, on utilise souvent des ratios financiers comme le ratio cours/bénéfices et le rendement sur l’avoir (ROE). Il ne faut jamais perdre de vue qu’il ne s’agit que d’outils qui doivent être utilisés après avoir acquis une solide compréhension du titre. Connaître le ratio c/b ou le ROE d’un titre a peu d’utilité si on comprend mal son modèle d’affaire (i.e. comment la compagnie fait de l’argent) et sa position concurrentielle (est-elle en avance sur ses concurrents?). Discourir sur le ROE et faire des analyses sur les DCF (discounted cash flow) peuvent donner une impression de sophistication. À mes yeux, un investisseur pouvant, par exemple, nommer les VP d’une entreprise, parler de sa culture interne et des avantages de ses produits est beaucoup plus sophistiqué.
En terminant, un mot sur les fameuses aubaines en Bourse. Lorsque les marchés sont en baisse, on entend souvent dans les médias des énumérations de titres qui ont beaucoup baissé suivi du qualificatif “aubaine”. On peut se poser la question suivante : “Si je connais peu (ou de façon superficielle) un titre, comment puis-je être vraiment sûr qu’il s’agit d’une aubaine ?” C’est un peu comme si on vous disait que les Schmilblicks sont en solde de 20% cette semaine. Si vous n’avez aucune idée de ce qu’est un Schmilblick, comment pouvez-vous déterminer qu’il s’agit d’une bonne affaire ? Je crois donc qu’il faut prendre tous les discours sur les aubaines en Bourse avec un énorme grain de sel…
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9 octobre 2008 à 20 h 37 min
Bonjour M. Rancourt,
J’aime bien vos écrits. Même si les marchés tournent au pire actuellement, vos choix de compagnies semblent logiques et solides.
C’est quelque chose ce qui se passe en ce moment. J’aurais aimé connaître votre opinion sur Paul Dontigny, un gestionnaire qui écrit sur le blogue du site les Affaires.com. Vous le connaissez peut-être déjà. Il pense que le Dow Jones va atteindre 5000. Est-ce réaliste selon vous?
26 octobre 2008 à 21 h 56 min
Salut Phillipe,
Ton blog est très intéressant, j’espère que tu vas reprendre le flambeau !