Les titres québécois sont-ils vraiment des aubaines?

Publié le 3 août 2008 par Philippe Rancourt
Catégories: Scepticisme

Depuis un an, plusieurs vedettes boursières québécoises ont chuté de leur piédestal. Des baisses sévères de 30 à 50% ont affligé plusieurs fleurons du Québec inc. En voici quelques exemples :

Titres (prix 1er août 2007 - prix 1er août 2008)

Jean Coutu (15$ - 8$)
Metro (37$ - 25$)
Groupe BMTC (23$ - 17$)
Uni-Select (30$ - 22$)
Couche-Tard (20$ - 11$)
Rona (21$ - 11$)
Reitmans (24$ - 15$)

Devant une telle baisse, on pourrait être porté à croire qu’ils sont maintenant sous-évalués et qu’ils sont de bons achats à leur cours actuel. Après tout, il s’agit pour la plupart de compagnies ayant connu du succès par le passé et se vendant maintenant à des ratios cours/bénéfices plutôt bas. Mais est-ce vraiment des aubaines ?

Croire que ces titres sont des aubaines aujourd’hui implique de croire que leur évaluation d’il y a un an était plutôt juste. Or, j’ai de plus en plus l’impression que ces titres étaient tout simplement sur-évalués il y a un an. Mon raisonnement s’appuie sur les faibles perspectives de croissance de plusieurs de ces titres (Reitmans, BMTC) et sur le fait que nombre d’entre eux vont subir des pressions très fortes de la concurrence (Wal-Mart et Loblaws sur Métro, Lowe’s sur Rona, Shoppers sur Jean Coutu) au cours des prochaines années.

Il est difficile de croire que des titres ayant fait pour la plupart le “plein” de croissance au Québec et au Canada vont pouvoir continuer à faire croître leurs profits à un rythme élevé et justifier un multiple cours/bénéfices plus généreux. La correction fut brutale mais il s’agit peut-être d’un simple retour à la réalité pour des titres dont les perspectives de croissance ne sont plus aussi reluisantes.

Je peux me tromper et certains titres pourraient encore surprendre (je crois encore au potentiel de rebond de Couche-Tard). De plus, une embellie sur les marchés pourrait facilement faire remonter de 15 à 20% la majorité des titres mentionnés ci-haut. Par contre, je crois que les belles années de plusieurs vedettes boursières québécoises sont révolues et que l’avenir s’annonce beaucoup plus modeste. Les investisseurs achetant ces titres en espérant des rendements supérieurs à 10% par année pourraient être déçus…

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