La qualité des profits
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La qualité des profits est un élément capital à considérer lorsque vient le temps de déterminer quel ratio cours/bénéfices payer pour un titre. C’est un élément essentiel dans l’interprétation d’un ratio c/b qui manquait à mon dernier billet “Le ratio cours/bénéfices“.
La qualité des profits dépend de la façon dont une entreprise réalise ses bénéfices. Obtient-elle ses profits grâce à une gestion conservatrice et prudente ou engrange-elle les bénéfices en prenant des risques importants ? Il est clair que les profits qui résultent d’une gestion prudente méritent un meilleur multiple que ceux qui sont le fruit de pratiques plus risquées !
La crise du secteur financier nous offre actuellement un exemple éloquent de ce concept. Merrill Lynch à elle seule a encaissée une perte de 25 milliards depuis le début de la crise. Cette perte vient annuler ses profits des six dernières années ! On peut se questionner sur la valeur réelle des profits passés de Merrill Lynch et de plusieurs autres institutions financières. En rétrospective, on s’aperçoit que ces profits on été réalisés en prenant des risques énormes et ne méritaient sûrement pas un ratio c/b très élevé.
La qualité des profits d’une société est donc un aspect fondamental qui doit être considéré avant le taux de croissance des bénéfices. Il m’apparaît très dangereux de payer un ratio c/b élevé pour un fort taux de croissance reposant sur une gestion à haut risque. Le conservatisme de la gestion mérite une prime.
Selon moi, Home Capital Group est un exemple de société qui mérite un meilleur ratio c/b que ses compétiteurs en raison de sa gestion prudente.
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19 juin 2008 à 12 h 54 min
Bonjour Phil,
Félicitations pour votre blog et vos réflexions sur les entreprises.
Je suis membre du blog “Valeur et conviction” mais j’interviens ici à titre personnel.
J’apprécie votre approche du bénéfice mais il me semble qu’il convient d’ajouter un élément que vous n’avez pas abordé : les besoins en investissement de l’entreprise d’abord pour maintenir son activité et ensuite pour assurer sa croissance.
Dans le cas de certains types de sociétés, l’entièreté des profits ne revient pas à l’actionnaire car ils sont nécessaires au maintien de l’activité (je pense par exemple aux majors pétrolières ou à certaines technos. D’autres entreprises ont au contraire des besoin en investissement de maintien tellement faibles qu’ils sont même inférieurs aux amortissements, ce qui entraîne que le cash qui revient à l’actionnaire est même supérieur au bénéfice net.
Il me semblait que cette petite nuance pouvait être ajoutée aux points qu’il convient de surveiller lorsque l’on veut analyser le per d’une action sous un angle “qualitatif”.
Louis Pirson
20 juin 2008 à 1 h 47 min
Merci pour votre commentaire.
Si je vous comprends bien, votre commentaire est un plaidoyer pour l’utilisation du ratio cours/free cash flow plutôt que du ratio cours/bénéfices…
Je suis d’accord avec vous. On utilise souvent le ratio c/b parce qu’il est facile à trouver mais porter attention aux free cash flow générés est cruciale lorsqu’on analyse une entreprise.