L’effet domino
Catégories: Réflexions
Ben Bernanke, le patron de la Federal Reserve, est un homme qui subit de très dures critiques depuis le début de l’année. Il est même devenu de bon ton de se moquer de lui. Plusieurs commentateurs lui reprochent sa stratégie de baisse radicale des taux d’intérêts. Ils affirment que Bernanke ne fait que prolonger la crise du crédit en rendant ce crédit moins coûteux avec les baisses de taux et que le rôle de la Fed n’est pas de sauver les marchés boursiers.
Je ne suis pas de cet avis. Dans une économie où les institutions financières sont fragilisées, je crois qu’il est important d’éviter à tout prix un choc boursier brutal qui pourrait avoir des conséquences très néfastes. La faillite d’une seule grande institution financière pourrait créer un effet domino potentiellement dévastateur pour l’ensemble du système bancaire. La semaine passée, nous avons eu un avant-goût de cet effet domino lorsque le hedge fund Carlyle a entraîné dans sa chute la banque d’affaire Bear Stearns. Je crois que la Fed doit protéger les maillons faibles comme elle l’a fait avec Bear Stearns même si ça implique de “sauver” des gens qui ne le mérite peut-être pas…
Certains pensent que les gens ayant abusé du crédit doivent être punis pour leurs excès et que la Fed ne doit pas intervenir! Selon moi, le rôle de la Fed est d’assurer la stabilité du système et non d’appliquer une morale judéo-chrétienne dans laquelle “les pêcheurs doivent être punis pour leurs péchés”. L’approche de Bernanke me semble donc pragmatique dans les circonstances mais je ne voudrais absolument pas être dans ses souliers !
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2 avril 2008 à 3 h 39 min
Pourquoi vouloir éviter un choc financier? Cela engendrerait sûrement des aubaines. J’aimerais bien voir le SP 500 baisser de 30 ou 40%. Pas vous?
2 avril 2008 à 4 h 19 min
Après le krach de 1929, il y avait sûrement de belles aubaines sur le marché… Le problème, c’est que les gens n’avaient plus de jobs et ne pouvaient pas les acheter…
La vision du “stock picker” à la recherche d’aubaine est parfois un peu étroite (je m’inclus là-dedans). Il faut avoir une vision plus large et penser aux conséquences sur l’économie qu’aurait l’effondrement de grandes institutions financières.
Notre système financier repose en grande partie sur la confiance qu’on les gens envers les institutions financières, il ne faut pas l’oublier.
2 avril 2008 à 14 h 33 min
En 1929, les outils dont disposaient les autorités étaient plutôt limités. Cela m’apparaît fort différent de nos jours. Le cours actuel des titres ne reflète pas la gravité de la situation selon moi. Bear Stearns s’est effondré, et je me demande encore aujourd’hui pourquoi ça a été si long avant que ça arrive. Même chose pour Lehman Brothers et quelques autres. Avant que les gens en viennent à ne plus faire confiance aux systèmes financiers, ça va prendre beaucoup plus qu’une couple de faillites, à mon avis. Et pour ce qui du pouvoir d’achat des investisseurs, et bien nous avons affaire maintenant à une économie globale. L’impact d’un choc financier ne serait pas le même. Par exemple, avec les abus que nous avons connus récemment, l’inflation aurait dû normalement nous causer un sérieux problème. Grâce à la mondialisation, les prix ne cessent de se rajuster à la baisse, ce qui nous permet de vivre dans un climat financier favorable.
Bref, vous avez raison sur ce point: je souhaite l’apocalypse, et c’est un peu par frustration de voir constamment des prix trop élevés à la bourse.
3 avril 2008 à 1 h 30 min
J’aimerais bien avoir les mêmes certitudes que vous sur la solidité de notre système ! Ce n’est malheureusement pas le cas et c’est pourquoi je crois qu’il ne faut pas “tenter le diable” et laisser se produire un choc financier aux conséquences potentiellement dévastatrice. C’est aussi l’opinion des gens de la Fed qui doivent bien connaître une ou deux choses sur l’économie…
Aussi, avons-nous vraiment besoin d’une apocalypse boursière pour faire de l’argent sur les marchés ?
Je ne crois pas. Les corrections comme celle que nous vivons présentement apportent déjà leur lot d’aubaines. De toute façon, mon approche est davantage de sélectionner des titres en fonction de leur potentiel de croissance que de faire la chasse aux aubaines. Je suis donc un peu biaisé sur ce point…