Les Air Miles de Buffett

Publié le 6 mars 2008 par Philippe Rancourt
Catégories: Aéroplan, Warren Buffett

En 1970, un certain Warren Buffett et son partenaire Charlie Munger firent l’acquisition de la compagnie Blue Chip Stamps. Cette société était, en quelque sorte, un ancêtre des programmes actuels de fidélisation comme Air Miles ou Aeroplan. Les timbres Blue Chip pouvaient être accumulés et échangés contre différentes récompenses. “Quand j’ai su que même certains bordels et salons funéraires offraient des timbres à leurs clients, j’ai senti que j’avais finalement trouvé un placement sûr !”, a déjà affirmé Buffett dans sa lettre aux actionnaires de Berkshire Hathaway.

À l’époque, la société avait un chiffre d’affaire de 126 millions et générait de forts profits sans nécessiter beaucoup d’investissement en capital. Pour Buffett, c’est probablement là une des caractérisques les plus importantes pour qu’une société soit un bon placement.

De nos jours, je crois qu’une compagnie comme Aeroplan (AER.UN - TSX) peut se vanter de posséder cette caractéristique en plus d’avoir un modèle d’affaire semblable à celui de Blue Chip Stamps. La société vient d’annoncer son intention d’abandonner la structure de fiducie et de devenir une société par actions. Libéré du carcan des fiducies, Aeroplan pourra aller de l’avant avec sa stratégie qui consiste à acheter d’autres programmes de fidélisation et ainsi devenir le leader mondial du secteur. La baisse récente du titre offre peut-être l’occasion de faire un achat que ne renierait pas Buffett…

P.S. Voici le texte rempli d’humour, d’ironie et d’autodérision que Buffett a écrit sur Blue Chip Stamps dans sa lettre aux actionnaires de 2006 :

Every now and then Charlie and I catch on early to a tide-like trend, one brimming over with commercial promise. For example, though American Airlines (with its “miles”) and American Express (with credit card points) are credited as being trailblazers in granting customers “rewards,” Charlie and I were far ahead of them in spotting the appeal of this powerful idea. Excited by our insight, the two of us jumped into the reward business way back in 1970 by buying control of a trading stamp operation, Blue Chip Stamps. In that year, Blue Chip had sales of $126 million, and its stamps papered California.

In 1970, indeed, about 60 billion of our stamps were licked by savers, pasted into books, and taken to Blue Chip redemption stores. Our catalog of rewards was 116 pages thick and chock full of tantalizing items. When I was told that even certain brothels and mortuaries gave stamps to their patrons, I felt I had finally found a sure thing.

Well, not quite. From the day Charlie and I stepped into the Blue Chip picture, the business went straight downhill. By 1980, sales had fallen to $19.4 million. And, by 1990, sales were bumping along at $1.5 million. No quitter, I redoubled my managerial efforts. Sales then fell another 98%. Last year, in Berkshire’s $98 billion of revenues, all of $25,920 (no zeros omitted) came from Blue Chip. Ever hopeful, Charlie and I soldier on.

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