L’action de Research In Motion (RIM) est malmenée depuis la sortie de ses résultats financiers le 24 mars dernier. À 51$, le titre se transige actuellement à 8 fois les profits de la dernière année (6,34$). Encore une fois, ce sont les mêmes vieilles craintes face au futur de la compagnie qui reviennent angoisser les marchés. Il peut être difficile d’y voir clair devant le déluge d’opinion contradictoire sur la société. Je pourrais moi aussi y aller de mes spéculations personnelles sur les mérites du PlayBook ou de la prochaine génération de BlackBerry… mais je préfère vous présenter trois scénarios financiers potentiels pour RIM en 2011.
Scénario 1 : RIM rate complètement son objectif
Les profits sont en déclin et RIM ne fait que 6$ par action en 2011. C’est moins qu’en 2010 et bien loin de son objectif de 7,50$. Les craintes du marché sont confirmées et le ratio c/b demeure à 8. Le prix de l’action est de 48$ (8 x 6). Résultat : une perte de 6%.
Scénario 2 : RIM atteint le consensus des analystes
RIM atteint la cible de profits des analystes de 6,80$. Le marché n’est toujours pas très enthousiaste, mais le ratio c/b grimpe à 10. L’action vaut 68$ (10 x 6,80). Résultat : un gain de 33%.
Scénario 3 : RIM atteint son objectif
Jim Balsillie rit dans sa barbe, car sa société vient de réaliser 7,50$ de profits par action en 2011. Malgré cela, le marché a toujours certains doutes, mais accepte néanmoins de pousser le ratio c/b à 12. Le titre vaut 90$ (12 x 7,50). Résultat : un gain de 75%.
Ce qui ressort de ces différents scénarios, c’est que l’équation risque/rendement (combien je peux perdre versus combien je peux gagner) semble être très favorable à un investissement dans RIM. Seul un déclin rapide et massif des profits (bien pire que le scénario 1) pourrait causer des pertes substantielles. Je crois peu à un tel scénario.
Le marché des téléphones intelligents et des tablettes va connaître une très forte croissance dans les prochaines années. Sans être aussi sexy qu’Apple, RIM demeure l’une des trois ou quatre compagnies les mieux positionnées pour en tirer profit. Au prix actuel, une croissance décente de 15% par année est largement suffisante pour enrichir les actionnaires.
À mon avis, prévoir un déclin massif des bénéfices de RIM est beaucoup plus audacieux que de l’acheter à 8 fois les profits. L’avenir nous dira si j’ai raison…
Ajout 30 avril: Si on considère l’avertissement sur les profits émit jeudi passé par RIM, le scénario 1 semble maintenant être le plus probable. Comme n’importe quelle compagnie techno, l’avenir de RIM est lié au succès de sa prochaine génération de produits…